mardi 29 janvier 2013

1000 témoignages pour une naissance respectée !





1000 témoignages pour une naissance respectée !

Témoignez si vous n'avez pas été respectés par l'accompagnement médical de votre grossesse, de votre accouchement ou de votre allaitement.

Description
Lors de votre grossesse, de votre accouchement et de votre allaitement, ou celui de votre compagne, le personnel hospitalier a-t-il respecté vos demandes, vos souhaits ?


Vos demandes et vos paroles ont-elles été respectées ?


Avez-vous été informé-e de chaque geste médical qui fut posé?

NON ? Vous n’êtes pas le-la seul-e !!

Racontez ce qui vous a déçu-e, attristé-e, enragé-e, dépité-e, traumatisé-e. 

Rejoignez ainsi notre défi de rassembler en 4 semaines à partir du 28 janvier 2013, 1000  témoignages tels que le vôtre!


=> Ceux-ci seront diffusés pour sensibiliser le grand public et les autorités pertinentes sur ces violences ordinaires.


Ils seront accompagnés d'une manifeste pour le respect de la femme et de l'homme qui deviennent parents, et du bébé à naître.



J'y participe et vous pouvez retrouver mon témoignage ici !

Le projet vous intéresse? Alors n'hésitez pas à  nous sur la page facebook et sur le  blog .

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N'oubliez pas que c'est ensemble, que nous ferons changer les choses ! 

Lauriane

samedi 26 janvier 2013

Embolie amniotique, késako?



L'embolie amniotique est une complication rare mais grave de l'accouchement, causée par le passage du liquide amniotique dans la circulation maternelle suite à la déchirure du placenta et des veines utérines. Imprévisible, cette complication met en jeu le pronostic vital maternel et fœtal.  En France, elle représente environ 10 % des décès maternels.

Comment survient-elle ?
L’embolie amniotique est une complication qui se manifeste lorsque du liquide amniotique pénètre dans le réseau sanguin maternel. Selon les études, le taux d’incidence se situe entre 1/20000 et 2/100000  grossesses dans les pays industrialisés et constitue une des premières causes de décès maternel. Le taux de mortalité maternelle associé, qui dépend de la rapidité de diagnostic et de prise en charge, varie de 10% à plus de 40% . Le taux de mortalité périnatale varie de 10%  à plus de 30%.
En France, l’embolie amniotique est la deuxième cause de décès maternel après l’hémorragie du post-partum, 12% des décès lui sont imputés.
Les causes: 
  • âge maternel supérieur à 35 ans 
  • de placenta praevia
  • de césarienne 
  • de prééclampsie
  • d’utilisation de forceps ou de grossesses dites « à risques »
  •  une augmentation des risques liée au déclenchement de l’accouchement
  • la pratique de la césarienne
  • un déficit d’accès aux soins chez les minorités ethiques
L’incidence de l’embolie amniotique, estimée à 1/53 800 accouchements en Europe,  est très difficile à approcher du fait de la rareté de l’événement. 



Témoignages de pèressource)

► "Je m'appelle Igor, j'ai 30 ans et ma compagne est morte suite à une embolie amniotique le 21 mars 2008  . Ma petite fille Charline va très bien heureusement.

Ma compagne avait 25 ans, c'est notre premier enfant et elle avait une très bonne forme physique. J'ai du mal à comprendre. C'est très dur à accepter mais je me centre sur ma fille qui m'aide à aller de l'avant.
Toute la grossesse s'est très bien passée, pas de soucis particuliers à part des contractions au 8ème mois (d'où hospitalisation 2 jours et repos à la maison). Les véritables contractions ont eu lieu le jour prévu de l'accouchement vers minuit et demi. Le travail s'est passé correctement, elle a eu une péridurale qui a fonctionné directement. Le col s'est bien dilaté mais la position du bébé n'était pas correct. La gynéco est venue vers 10h pour l'examiner et a dit que dans 1h30 on pourrait commencer l'accouchement, que le bébé avec l'aide des contractions se remettrait correctement. Elle est revenue à 11h30 et là c'était pire, ma compagne a poussé 2-3 fois mais le bébé avançait puis reculait. elle a fait venir un autre gynéco qui l'a examinée. Vu la situation, ils ont décidé de faire une césarienne en urgence. Jusque-là on ne s'inquiétait pas trop même si l'idée d'une césarienne ne nous réjouissait pas.
Ma compagne recommençait à sentir les contractions et avait une douleur à droite en bas du ventre (elle avait une cicatrice de l'appendicite d'il y a un an), puis elle tremblait beaucoup mais les médecins m'ont dit que c'était normal chez certaines femmes à la fin du travail. Elle avait le bout des doigts bleu-violet (c'était normal aussi, à cause de la péridurale). D'ailleurs la péridurale n'avait plus fait effet une première fois vers 7h. Là, à 11h30, elle commençait à ne plus faire effet de nouveau.
Donc j'accompagne ma compagne au bloc, le temps de faire un dernier bisou, je la vois partir. J'attends une demie heure et hop ma fille sort (comme par magie!) d'une autre porte. On me dit que la maman va bien et qu'elle a perdu un peu de sang, qu'il va falloir attendre 2h. Jusque-là tout est normal, puis la gynéco vient me voir en me disant qu'elle a fait une atonie de l'utérus (l'utérus ne se contracte pas) suivie d'une forte hémorragie (2,5 l de sang !). elle me dit qu'il y a plusieurs solutions avant d'enlever totalement l'utérus. A ce moment-là, le pire pour moi est d'enlever l'utérus, pour une jeune femme de 25 ans! Les produits pour contracter l'utérus n'ont pas fonctionné, ils ont du réopérer et contracter l'utérus mécaniquement. Elle s'est stabilisée, au bout de 2-3h, on est venu me chercher pour que j'aille la voir.
On m'a dit qu'elle avait perdu beaucoup de sang et qu'il était préférable de la transférer sur Montpellier (car ils n'avaient plus de sang, Montpellier avait un meilleur plateau). Je suis resté 30mn voir plus avec ma compagne qui était endormie. Elle avait des tuyaux de partout, on lui injectait encore du sang et des plaquettes. Au moment de la transporter (en SAMU, car l'hélicoptère ne pouvait pas décoller à cause des intempéries), sa tension était à 7. Les médecins ne voulait pas la déplacer et ont essayé de monter sa tension en injectant des produits. Elle est remontée à 9 puis tout s'est emballé, les pulsations sont montées à 230, la tension à 19, la machine disait "vérifier le patient, vérifier la patient". Ils m'ont fait sortir, elle faisait un arrêt cardiaque avec une CIVD (définition). 
Elle a tenu 45 minutes et plus rien...  
C'est après que la gynéco (après étude du dossier et discussion avec toute l'équipe) m'a dit que c'était sûrement une embolie amniotique. Elle va présenter ce cas à une conférence au mois de juin pour conforter cette idée et (je l'espère) trouver des solutions pour que ça n'arrive plus !
Je pense que l'équipe médicale a fait tout son possible pour sauver ma compagne. Ma belle-famille et moi-même n'avons pas demandé d'autopsie. Mais je me demande encore pourquoi c'est arrivé à une jeune femme de 25 ans en pleine forme à son premier enfant... 
Y-a-t-il des témoignages d'autres hommes ou femmes qui ont été touchés par cette tragédie ?"

► "J 'ai éte moi-même touché par une tragédie similaire. Ma femme est décédée à l'accouchement de notre 3ième enfant des suites d'une embolie amniotique massive. L'enfant est né vivant, mais est décédé 10 jours plus tard. 
J'ai comme toi, voulu comprendre les causes de cet accident rare et surtout savoir s'il était évitable. J'ai demandé une autopsie. L'autopsie a révélé que ma femme était décédée d'une embolie amniotique massive (arrivée massive de liquide amniotique dans son sang, provoquant une saturation de son système de défense,  condisant à un arrêt cardiaque). Cet accident est-il évitable ? J'ai rencontré à Paris à ce sujet un professeur de médecine spécialisé en gynécologie (chargé de se prononcer sur mon cas !), il m'a confirmé le caractère souvent irréversible de cet type d'accident. Il m'a aussi confirmé que le corps médical n'avait fait aucune erreur ou faute et qu'il était toujours malheureusement trés difficile d'anticiper voire de déceler ce type d'accident. En d'autres termes : C'est la faute à pas de chance !!!
Je sais que c'est très difficile à admettre de nos jours (compte tenu des progrès constants de la médecine) de voir sa femme décédée lors d'un accouchement. Mais c'est ainsi, la vie nous réserve parfois de droles de surprises !"


Le liquide amniotique protège l’enfant contre les chocs extérieurs, et le maintient à une température stable. Il est composé d’eau et de cellules fœtales. ( source et vidéo)
Sans que l’on sache pourquoi,quand la poche des eux se rompt,  une partie de ce liquide amniotique peut alors pénétrer dans les veines de l’utérus et rejoindre la circulation sanguine.
Là, des cellules fœtales vont migrer vers les poumons, et plus précisément vers les alvéoles pulmonaires, des petits sacs où le sang se recharge en oxygène. Ces débris vont alors boucher les petites artères des poumons de la maman. Certaines zones du poumon ne sont plus irriguées et meurent. Et c’est une urgence vitale car à ce stade, la mère est en situation de détresse respiratoire.
Elle peut être victime de convulsions, d’hémorragie et d’une brutale chute de tension, pouvant aller jusqu’à l’arrêt cardiaque. En cas de décès, une autopsie permet de mettre en évidence les différentes substances provenant du liquide amniotique comme des cheveux du fœtus ou des cellules de peau à l’intérieur de la circulation pulmonaire.
Quant au bébé, s’il n’est pas encore venu au monde, il faut pratiquer une césarienne en urgence car il est privé d’oxygène et son cerveau peut subir des dommages irréversibles.

Vous l’avez compris, cette embolie est donc un accident très grave de la grossesse, et il n’y a malheureusement aucun test fiable pour prévenir cette complication.

Lauriane.



samedi 5 janvier 2013

accueillir un enfant apres un deuil

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Perdre un enfant, c’est une épreuve qui paraît insurmontable. Pourtant, au terme d’une période de deuil nécessaire, les parents éprouvent souvent le besoin d’accueillir un nouveau bébé . La grossesse qui s’annonce sera alors teintée d’inquiétude, de tristesse mais aussi d’espoir. 
Il y a aussi ces femmes enceintes qui apprennent le décès d'un proche pendant leur grossesse (parent, meilleure amie) et qui ont du mal à combiner tristesse (de l'être perdu) et bonheur ( de l'être à arriver).... Comment ces parents arrivent ils à cheminer vers un nouveau désir d'enfant  et à prendre la perte de l'être perdu comme une force, un message  ?

Pour cet article, j'ai choisi de partager des messages de mamans ayant vécu ces souffrances, que j'ai trouvé sur plusieurs forums. Les mots parlent d'eux mêmes, et n'ayant pas connu cette douleur, je ne pouvais pas mieux en parler qu'elles.



►Témoignages forum les maternelles:

- J’ai accompagné mon grand-père qui souffrait d'un cancer pendant des mois. Nous étions très proches et ce qu'il attendait par dessus tout c'était l'arrivée de mon enfant. Ma fille est née et 2 jours après mon grand-père s'est éteint ..Alors que ces derniers jours n'étaient que souffrance il a attendu l'arrivée de son arrière petite fille avant de s'éteindre. A la joie d'accueillir mon enfant s'est mêlé la douleur de perdre mon pilier. Cela fait presque 3 mois aujourd'hui et la douleur est toujours là...Heureusement mon rayon de soleil me prouve chaque jour que la vie est belle. Je sais que quelque part mon grand-père veille sur nous...c'est notre bonne étoile. Jo

- Au mois de janvier mon fils de trois mois est décédé  en avril ma grand-mère est également partie et je suis enceinte de 6 mois. Je comprends tes peurs, il ne faut pas t’inquiéter le temps ferra son affaire. Etre triste est humain et ton enfant le comprend. Avec mon mari, nous avons mis sur une étagère une photo de notre petit bout et une bougie, quand ça va pas on allume la bougie et on se sens tout de suite mieux et on peut reprendre nos activités  Le fait d'allumer cette bougie nous permet de ne pas ruminer des pensées tristes. On a le sentiment d'avoir fait quelque chose pour notre petit bout et ça aide a reprendre pied. Bon courage


- Bonjour,
Mon papa est décédé le 25 janvier 2007 (jour de son anniversaire en plus) et j'ai appris que j'étais enceinte 2 semaines après. Le fait d'apprendre ma grossesse m'a beaucoup aidé. Le fait qu'il y ait un décès et ensuite une naissance, c'était pour moi comme un signe de mon père ! ça peut paraître bizarre, Je pense que c'est psychologique. Bon courage... Sabrina

- J'ai aussi perdu mon papa, il y a bientôt 4 ans, alors que j'étais enceinte de 22 semaines...il est décédé le jour ou on a appris que nous attendions un 2ème garçon...il ne l'aura jamais su... 
J'en garde toujours un grand regret, mais malheureusement, je ne peux rien y changer, je partage quand même pleins de choses avec mes crapules a propos de mon papa, ce papy qu'il ne connaîtront jamais que par moi, et je leur en parle de temps en temps. et pour boucler la boucle, mon petit 3ème a pour troisième prénom celui de son papy, en souvenir  bon courage, et pleins de bonnes choses a vous 

►Forum famili: 

- Je fais parti de ces parents qui ont eu la douleur de perdre un enfant. Le 1er avril 2006 ma fille Amandine est décédée d'une méningite. Elle avait 11 mois. Tous les sentiments de douleur et de chagrin associé à ce décès sont déjà beaucoup abordés sur ce forum. Les miens ne sont pas différents des autres. Par contre, je recherche des témoignages de parents ayant vécu comme moi la perte d'un enfant de quelques mois et ayant eu un autre enfant par la suite. Je suis actuellement enceinte d'un nouveau bébé et beaucoup de peurs se bousculent dans ma tête. Pas des peurs liés à la grossesse ou à l'accouchement mais plutôt des peurs quand cet enfant sera près de moi. Comment vais-je pouvoir aimer et m'attacher à cet enfant sachant qu'à tout moment il peut partir...? Comment je vais pouvoir surmonter les fièvres inévitables d'un bébé sans paniquer ? Ne vais-je pas comparer cet enfant à Amandine ? Vais-je réussir à laisser "vivre" cet enfant sans lui transmettre mes peurs et en faire un être complètement terrorisé par la vie ? Mes questions peuvent paraître idiotes mais je ne trouve nul par des témoignages de parents parlant de ces sujets. Je remercie par avance les personnes qui m'aideront à accueillir ce bébé avec beaucoup plus de sérénité et je m'excuse auprès des personnes qui me liront du peu de détails que je donne sur Amandine car pour le moment, je ne suis pas prête à en donner plus.

►Forum au féminin:

- Je suis l'enfant arrivée après le décès de mon aîné ....bonjour, mon témoignage peut vous aider peut-être. Très différente de toute ma fratrie, je me suis toujours demandé pourquoi. J'ai aujourd'hui plus de 60 ans et je viens seulement de comprendre. Mes parents ont perdu un bébé de 2 mois, accidentellement, alors qu'ils s'étaient absentés et qu'il était sous la garde d'une tante. Ma mère s'est trouvée à nouveau enceinte ... 3 semaines seulement après ce décès ! Je connaissais cet évènement tragique, mais mes parents ne m'en ont jamais parlé ! Sans pouvoir en connaître la cause, toute mon enfance a été remplie de cauchemars terribles de néant et ce n'est que très récemment que j'ai pu décoder cela. Une de mes soeurs ainées m'a appris que maman avait énormément maigri et pleurait beaucoup pendant des mois alors qu'elle me portait. Cette culpabilité, cette douleur, je les porte en moi mais en même temps ces circonstances m'ont insufflé une énergie et une foi en la vie vraiment extraordinaires. Tout cela pour vous dire à toutes, vous futures mères, que porter et donner naissance à un bébé après un tel drame est magnifique ! Que le chagrin est là et ne peut ni ne doit être nié, mais que dès à présent, alors qu'il est encore dans votre ventre et ensuite, après la naissance, puis plus grand, parlez à votre bébé et à l'enfant qu'il sera ensuite. Racontez lui votre histoire, son histoire, dites lui que vous l'aimez, que grâce à lui la vie est redevenue belle et souriante à nouveau, afin que surtout il ne porte jamais la culpabilité de ce qui est arrivé avant lui.

- J’ai perdu il y a maintenant 2 mois mon petit garçon agé de 13 mois après 8 mois de combat contre un leucémie  C'est notre 1er et je vous laisse imaginer cette douleur insoutenable   Et il y a 3 semaines j'appris que j'etais enceinte  ca était un coup de massue, on ne s'y attendait pas du tout et on etait pas du tout pret a revivre toutes les m**des connues auparavant (FC, GEU,grossesse à risque, et surtout la maladie). Finalement ce bebe est là, je suis à 9sa et pour le moment j'ai du mal a investir cette nouvelle grossesse, j'ai peur de tout et j'ai un mélange de sentiments tellement divers que je suis un peu paumée. Malgré tout c'est la vie et on se dit que c'est peut-etre notre petit ange qui nous l'envoi. Il ne le remplacera jamais mais il nous aide mine de rien a aller de l'avant. On est obligé de continuer à vivre pour lui car lui n'a rien demandé... Donc on s'accroche comme on peut malgré la douleur de chaque instant. 
bon courage à toutes !

- Certainement pas le seul moyen pour s'en sortir, la perte d'un enfant est terrible et même si cela devient moins pénible avec le temps, on n'oublie jamais. mais effectivement un formidable tremplin pour aller mieux. j'ai perdu mon deuxième enfant à la naissance et 18 ans après j'y pense toujours. Le stress a fait parti de ma troisième grossesse mais quel bonheur d'accueillir ce nouveau petit bout de chou. Aucun regret aujourd'hui Auriane et son frère illuminent notre vie, même si leur petit frère reste toujours dans un coin de notre coeur.


►Forum doctissimo: 

j'ai perdu mon fils en juin 2005 et j'ai très vite eu besoin de porter de nouveau la vie. C'était notre premier bébé et le vide ainsi que le calme dans l'appartement étaient une vraie torture.  Je suis assez vite retombé enceinte mais j'ai perdu ma fille à 19sa...
Bref le parcours a été très dur mais nous avons eu un petit garçon en décembre 2006 puis une petite fille en janvier 2011. Pour être honnête je ne me suis jamais sentie prête à redevenir maman, je le voulais mais j'étais terrorisée. Mon mari était bien plus convaincu que moi par ce choix et c'est lui qui m'a poussé en avant. Malgré tout il ne faut pas culpabiliser de continuer à vivre. Tu n'as pas le choix, pas vraiment du moins... Tu vas avancer à ton rythmes, selon tes envies, tes humeurs et ta blessure... Tu feras parfois marche arrière, tes convictions d'hier seront tes doutes de demain mais tout ceci est bien normal. Survivre à son enfant n'est pas une aventure simple à vivre. C'est souvent la tempête dans notre tête et notre cœur. Mais la vie d'après existe belle et bien !! On apprend à rire sans culpabiliser, à sourire, à retrouver goût à la vie dans des pertes choses insignifiantes. On apprend à apprivoiser le manque, à transformer notre peine en une force. La faille restera la, la cicatrice est éternelle et se ré-ouvre par moment. On pleure encore et on reste baigné dans cette vie fauchée... Mais ce qu'on imaginait pas pouvoir traverser on peut un jour le regarder avec du recul et se dire qu'on a réussi malgré tout. Te pose pas 1000 questions, suis ce que ton cœur te dicte de faire. Tu as su deviner qu'il fallait passer du temps avec ta puce quand elle était hospitalisée, tu as fait le bon choix. Tu en feras d'autres tout aussi bon à l'avenir.  En tout cas il n'y a aucune normalité ou mauvaise façon de réagir à ce deuil. Chacun suit son chemin et petit pas après petit pas on franchit des montagnes. 






....... De très beaux témoignages, forts touchants......
♥ ♥ ♥

Pour finir ce billet émotion voici quelques réflexions générales tirées de ce site, qui parle du retour à la maison après un deuil que je vous conseille de lire....
◊ Garder des souvenirs concrets du bébé se révèle très précieux pour vivre son deuil.
◊ Vouloir revoir son enfant après le décès n'est pas morbide.
◊ Les parents ont le droit d'être très éprouvés, déprimés, sans désir face à la vie : leur enfant est décédé.
◊ Parler de son enfant après le décès, se rémémorer tout ce qui a été vécu avec lui peut faire du bien. Cela peut être essentiel pour l'enraciner dans la mémoire.
 On n'oublie jamais l'enfant décédé, même si on retrouve goût à la vie, même si un autre enfant naît après.
A toutes ces parents courageux et combattants 
A tous ces êtres partis trop tôt
RIP




L'épisiotomie, késako?







L’épisiotomie est une incision du périnée superficielle. Elle doit  être  idéalement réalisée  au petit couronnement  lorsque  l’anus  est légèrement dilaté  (2 cm) et au moment d’un effort expulsif ou d’une contraction. Une épisiotomie trop précoce serait plus hémorragique et pourrait sectionner incomplètement le muscle puborectal qui ne serait pas encore suffisamment distendu et déporté vers l’avant et le haut.

Il existe 2 types d’épisiotomie:
  •  La première est dite médiane, elle descend à la verticale du vagin vers l’anus.
  •  La seconde est dite médico-latérale, descend en diagonale et, le plus souvent vers la droite. Cette dernière est la plus courante car elle peut être rallongée si besoin est, ce qui peut faciliter la pause des forceps.


L'épisiotomie peut être pratiquée pour différentes raisons :
  • raccourcir le temps de l'expulsion, ce qui permet d'éviter le risque de souffrance fœtale lorsque la situation du bébé est à risque (bébé prématuré, cordon ombilical enroulé autour du cou) 
  • prévenir le risque de descente d'organes (appelé prolapsus) ou d'incontinence urinaire ;
  • aider l'expulsion pour les femmes qui ont pris trop de poids, qui ont des œdèmes ou qui présentent un périnée très court (moins de 1 cm entre la vulve et l'anus).
Partant du principe qu'il est peut-être plus aisé de recoudre une coupure droite et nette qu'une déchirure irrégulière, les obstétriciens peuvent être tentés de la pratiquer un peu vite. 

Cependant, beaucoup estiment que l'épisiotomie n'est pas nécessaire et ne possèdent pas les avantages qu'on lui confère. En effet, l'épisiotomie ne permet pas de réduire ce qu'on appelle les déchirures du 3ème et 4ème degré. Aujourd'hui on pratique l'épisiotomie dans certains cas précis, lorsqu'il s'agit d'un bébé prématuré ou si la maman a des antécédents de déchirures graves.




L'épisiotomie est elle douloureuse (sur le coup) ?

  • oui si il n'y a aucune anesthésie et qu'elle n'est pas faite au bon moment (ampliation du périnée)
  • non si
    • il y a une péridurale
    • si l'obstétricien a pratiqué une anesthésie locale à la xylocaine auparavant  (dose  max  200  mg)
    • si elle est réalisée sur un périnée très amplié par la tête du bébé (couronnement)


L’analgésie  est nécessaire. Les méthodes anesthésiques disponibles sont l’anesthésie locale, l’anesthésie des nerfs honteux,  et l’anesthésie locorégionale. L’association d’un opiacé  lors  d’une  anesthésie  péridurale  augmente  les  performances  de  l’anesthésie périnéale. En cas d’utilisation d’anesthésie locale, l’injection est réalisée dans l’épaisseur du périnée au  niveau  du  futur  trajet  de  l’épisiotomie  versant  cutanée  puis  vaginale. Avant injection,  on  s’assure  de  l’absence  de  passage  vasculaire.  Des  effets  indésirables neurologiques et cardiovasculaires sont possibles, liés à un surdosage ou à un passage vasculaire de la lidocaïne.

Quels sont les effets secondaires de l'épisiotomie?

  • hémorragies
  • infections, hématomes, douleurs immédiates
  • cicatrisation longue, voire difficile
  • douleurs à distance, en particulier lors des rapports sexuels
  • sensations "bizarres"
  • aspect dysgracieux parfois

L’épisiotomie empêche-t-elle une déchirure ?

  • Pendant longtemps, on a cru qu’il valait mieux une épisiotomie qu’une déchirure du périnée. Mais les études le confirment : l’épisiotomie ne l’évite en rien. Au contraire, elle peut même être la porte ouverte à une déchirure plus importante dans le prolongement de l’incision. De plus les déchirures du périnée sans épisiotomie sont très souvent moins importantes et superficielles.

Peut-on d’avance refuser une épisiotomie ?

  • En théorie, oui. La loi du 4 mars 2002 interdit que l’on pratique un acte médical sur une personne qui n’a pas donné son consentement.
  • Avant d’en arriver là, si vous êtes réticente à l’épisiotomie, essayez de choisir, dans la mesure du possible, une maternité qui en pratique peu. Pour cela, demandez le taux d’épisiotomie pratiqué à l’année, un chiffre que chaque maternité doit pouvoir vous fournir. Il existe de grandes variations entre les régions, les hôpitaux et les différents professionnels. Les dernières recommandations cliniques pour la pratique de l’épisiotomie (2005) demandaient de tendre vers 30 % des cas au maximum.
  • Une fois que vous avez choisi votre maternité, précisez plusieurs fois au cours des consultations prénatales que vous ne souhaitez pas d’épisiotomie. Demandez également que votre réticence soit portée sur votre dossier.
  • Le jour de l’accouchement, rappelez de nouveau à l’équipe médicale votre désir de l’éviter. Mais faites-le au cours du travail, et non au moment de l’expulsion !

source

Combien de temps durent les sensations douloureuses ?


Les suites immédiates de l’épisiotomie sont souvent très sensibles pendant quelques jours. Il se peut aussi que les fils de la cicatrice « tirent » et provoquent une sensation d’inconfort. Si l’on a souvent conseillé de s’asseoir sur une bouée, on s’est aperçu que son utilisation favorisait la descente d’organe. Préférez-lui un gros coussin bien confortable.


Incontinence urinaire et périnée 

Il est nécessaire de prendre l'avis de son médecin avant de débuter une rééducation du périnée qui est en général recommandée entre 6 semaines à 2 mois après l'accouchement. 
L'accouchement par les voies naturelles est la première cause d'incontinence urinaire des femmes.  50 % des jeunes mamans présentent une incontinence d'effort survenant juste après l'accouchement.  La prise en charge de l'incontinence a considérablement évolué au cours de ces dernières années.  La rééducation du périnée peut permettre de restaurer cette anomalie urinaire chez 50 % des femmes environ.  La rééducation du périnée est automatiquement prescrite aux femmes qui sortent de la maternité, la Sécurité Sociale remboursant totalement jusqu'à 10 séances chez le kinésithérapeute ou la sage femme.
Un rapport sur l'incontinence urinaire remis en avril 2007 au ministre de la santé, montre qu'il serait idéal de rééduquer le périnée avant l'accouchement afin d'aider les femmes à prendre conscience de leur périnée avant qu'il ne soit modifié par l'accouchement ou par une épisiotomie. 

Quels sont les  facteurs de risque de voir apparaître une incontinence urinaire d'effort ?

  • L'accouchement d'un premier enfant
  • L'apparition d'une incontinence urinaire au cours du second trimestre de la grossesse
  • Un accouchement qui s'est prolongé avec une dilatation complète ayant duré 3 heures
  • Une prise de poids supérieure à 13 kilos
  • L'apparition d'une incontinence d'effort juste après l'accouchement

Quelles sont  les méthodes de rééducation du périnée après l'accouchement ?

Au cours de la visite post-natale, les gynécologues prescrivent désormais quasi systématiquement une dizaine de séances de rééducation périnéale, à effectuer  semaines à 3 mois environ après la naissance, en moyenne 2 mois environ.  La rééducation permet de retrouver un périnée indolore et tonique. La rééducation périnéale concerne toutes les mamans
  • Une incontinence peut réapparaitre lors d'une prochaine grossesse ou après la ménopause
  • Un mauvais contrôle du périnée peut perturber les rapports sexuels
  • Un prolapsus( abaissement des organes) peut apparaître


Des conséquences différentes suivant le type d'épisiotomie



- L'épisiotomie médiane est moins douloureuse, cicatrise mieux, et risque moins de causer une dyspareunie que l'épisiotomie médio-latérale. Elle cause aussi moins de pertes sanguines .... Elle est source reconnue de déchirures surajoutées du 3ème et 4ème degré, avec les effets secondaires afférents ; elle est aussi une cause avérée de troubles de la continence fécale. C'est le type d'épisiotomie le moins pratiqué en Europe.

- L'épisiotomie médio-latérale est donc plus douloureuse, cicatrise moins bien, augmente la dyspareunie et provoque des pertes sanguines plus importantes.


Les femmes ayant subi des épisiotomies médianes avaient 50 fois plus de risque de déchirure grave, et les femmes ayant subi des épisiotomies médio-latérales avaient 8 fois plus de risque de déchirure grave , que les femmes sans épisiotomie. Les forceps multipliaient le risque par 8. Bien que l'épisiotomie médio-latérale [qui se pratique en France] offrît une protection contre les déchirures sévères pour les primipares, les études ont montré qu'elles causaient d'autres problèmes, notamment une douleur accrue, une cicatrice plus visible, et plus de dyspareunies. Mieux vaut donc avoir une déchirure spontanée plutôt qu'une épisiotomie car elles n'empêchent pas de déchirure vaginale et sont la cause de douleurs périnéale.nUn des effets protecteurs supposés de l'épisiotomie est de réduire la pression sur la tête du foetus. Toutefois, pour obtenir cet effet, il aurait fallu réaliser l'épisiotomie avant que la tête n'étire le périnée. Un autre effet est de réduire la durée de la seconde phase de travail. Toutefois, il n'existe aucune corrélation fiable entre la durée de la seconde phase et le résultat néonatal.



Des risques et des inconvénients réels

Le risque de connaître des déchirures graves du périnée à la suite d'un accouchement est approximativement trois fois plus élevé pour les femmes qui ont eu une épisiotomie. Elle ne prévient pas les déchirures graves du périnée et en accroît la fréquence de manière indubitable en cas d'épisiotomie médiane . Il ne semble plus y avoir d'espoir que la statique pelvienne globale ou l'incontinence urinaire et fécale en bénéficient; pis, la force musculaire pelvienne serait amoindrie par l'épisiotomie. Toutes les études concordent donc pour prôner, aujourd'hui, une pratique restreinte de l'épisiotomie.

Il n'y a aucune donnée factuelle à l'appui de la croyance qu'elle protège des déchirures du sphincter anal, des lésions du muscle pelvien, de l'incontinence urinaire de la parturiente, ni de l'hémorragie intercrânienne ou de l'asphyxie intrapartum chez le nouveau-né.

Les femmes qui subissent des épisiotomies perdent plus de sang pendant l'accouchement, et l'épisiotomie comporte un risque de mauvaise cicatrisation et d'augmentation de la douleur postpartum à court terme.
  • Les incontinences
L'épisiotomie ne réduit pas le risque d'incontinence urinaire (environ 3% des femmes souffrent encore d'incontinence urinaire 1 an après l'accouchement) et augmente le risque d'incontinence anale. La durée du travail, une gestion active du travail et l'épisiotomie sont les 3 principaux facteurs conduisant à une incontinence anale. 6% des femmes ayant subi une épisiotomie souffrent d'incontinence anale  après l'accouchement.
  • Dyspareunie
- 80 % des femmes ayant subi une épisiotomie ont une reprise de rapports douloureux 
- 41%  admettent que ces rapports sont toujours pénibles 3 mois après l'accouchement
- 22% 6 mois après l'accouchement.

Six mois après l'accouchement, 1/4 des primipares déclarent avoir des sensations sexuelles appauvries.


NB : lors d'une épisiotomie, on prend aussi le risque de sectionner des nerfs reliés au clitoris : d'où une moindre sensibilité sexuelle.


Pour finir, nous nous permettons de rappeler à nouveau que ce n’est pas au praticien de décider si ce périnée-ci doit être coupé ou pas. C’est la femme à laquelle ce périnée appartient qui décide. Les femmes en couche ne sont pas informées correctement des risques et des bénéfices de cet acte dont les conséquences sont très sous-estimées. Pire, l’acte est effectué en se cachant de la femme. C’est ainsi que obstétriciens et sages-femmes sont formés. Le principe fondamental du consentement éclairé semble particulièrement surréaliste dans le domaine de l’obstétrique.
Pratiquer une intervention chirurgicale, surtout dans un endroit aussi sensible et chargé de sens, sans le consentement de la personne, est une atteinte à l’intégrité physique et mentale. C’est de plus illégal depuis la loi de mars 2002 comme vous le savez (article L 1111-4 du code de santé publique).



Perso, j'ai subi une épisiotomie sans que la gynécologue obstétricienne ne me demande mon avis, et c'est une fois ma fille dans mes bras qu'elle m'a annoncé qu'elle m'en avait fait une. J'ai été surprise mais je n'ai rien dit, naive et ne connaissant pas la loi.... J'ai eu de fortes douleurs lors de rapports sexuels pendant quelques mois, puis de l'incontinence urinaire à moyenne échelle. Je sais maintenant que pour ma prochaine grossesse je serais plus informée et ne laisserais pas le corps médical décider pour moi, sauf cas de danger bien sûr!




Et vous, avez vous subi une épisiotomie? Avez vous eu des complications après votre accouchement?



Lauriane.