lundi 30 juin 2014

Dire "je t'aime"



J'ai été une enfant très aimée, on me le disait, plusieurs fois par jour.

Mais pourquoi avons nous des difficultés à dire " je t'aime"?
- envie de le dire
- envie de l'entendre

Mais se retenir de le dire parce que :
-  ça fait partir les garçons ? 
-  ça  coûte trop à leur partenaire?

Je trouve ça un peu bizarre ...

On ne se connait pas beaucoup... il m'a dit "je t'aime" comme s'il m'avait dit : "tu es belle aujourd'hui" ou "je suis content que tu sois là".  C'est spontané, vrai, pas lourd ni engageant. Il n'y a aucune conséquence à ce petit "je t'aime". 

C'est frais, doux, absolument juste.

"Je t'aime", c'est bon à dire, à entendre et ça ne devrait pas être tout ce monstre qu'on s'en fait.

Dommage que des gens qui partagent une intimité manifeste, n'osent pas ou se retiennent ou ont peur de dire ou d'entendre "je t'aime".

Ce n'est pas un engagement. Ça ne veut pas dire: "vivons ensemble 78 ans, aillons des enfants, un chien, portons une alliance, dormons dans le même lit pour l'éternité et tu n'as le droit de rien faire sans me le demander". 

"Je t'aime" ça veut juste dire là, t'es la personne qui me fait du bien.

Je ne dis pas " je t'aime" pour qu'on me renvoie un "je t'aime". 

"Je t'aime" c'est la phrase qui exprime le plus simplement ce que je ressens à un moment tout précis.


Lauriane 




jeudi 19 juin 2014

Offrir La Vie

Avec le nouveau jour qui se lève, l’enfant.

“(…) on ne nait pas vivant, on le devient. Sinon, quoi, on est cliniquement vivant et puis on pourrit“ De ça je me console. Lola Lafon. p.153.





Il n’y a rien dans la vie, absolument rien, qui ne soit comparable à la puissance d’offrir la vie. Il n’y a rien qui vaille autant la peine de la vulnérabilité. Rien qui ne permette de se rencontrer si près.
Il est le terme moins sept jours.
Quelques contractions non douloureuses, mais à intervalles régulières, m’interpellent et éveillent en moi une curiosité inquiète. Inquiète parce qu’il est 22h, je suis fatiguée, j’aimerais dormir. D’ailleurs, j’ai mis une chemise de nuit et je traîne mon corps habité sur mon lit défait.
Mais. Ça ne s’arrête jamais.
Dans la salle de bain, je me rhabille. J’ai la mâchoire serrée, je tremble, j’ai froid. J’ai peur en vrai. Ça fait des jours et des jours que j’appelle cet enfant à naître mais ce soir, dans l’obscurité d’une nuit qui ne restera pas silencieuse, je ne veux plus. Je visualise mon bassin et me dis qu’il est impossible que ce soir, un enfant en prenne le chemin. Je n’en ai pas la force. Et puis peut-être que je ne saurais pas l’accueillir cet enfant, avec toute cette grossesse étrange.
Et pourtant, je sais la force du corps. Je sais la force de l’enfant. Je sais la force de la nature sur mon corps faible. Alors j’ai peur mais je ferme les yeux, je souffle lentement, je touche mon ventre.
Alors ça va mieux.
Nous arrivons à la maternité à minuit. L’agitation s’est fait la malle et le silence se prépare pour ce que les corps ont prévu d’offrir à la nature.
Un monitoring, des contractions non douloureuses, anarchiques, espacées.Vous venez de loin, vous allez dormir ici, on refera un point demain matin…
Il n’y a plus personne dans les couloirs, les autres gens semblent avoir disparus comme pour laisser de la place. Premières contractions légèrement douloureuses, plus rapprochées. Je longe les couloirs et le silence, je m’appuie sur les murs et je regarde les étoiles avec des larmes au bord des yeux.
Je me sens prête à m’offrir au tumulte de la nuit. Parce que c’est la nuit qui a choisi. Ce sont les étoiles qui ont choisi et moi, je dis oui alors.
Viens, on s’en fout. On monte dans la chambre, c’est moi qui accouche ce soir.
On y invente notre espace, on y invente notre nuit. Des boules de lumière et une huile de massage confectionnée par mes soins avec quelques huiles essentielles, des fruits secs, de l’eau… Tais-toi la vie, la nuit a décidé de te célébrer aujourd’hui. Michel Odent l’a dit, taisez-vous les gens, éteignez les lumières, accueillez la léthargie pour aider la mère en devenir et l’enfant en chemin. Arrêtez le temps, un instant, pour que la femme, merveilleuse femme, accueille le tumulte, accueille la tempête et marche avec elle pour vivre le ressac de la naissance.
Je pense à Michel Odent. Je pense à nous. A mon bébé. Sur le ballon, sur le lit, penchée en avant, je prends chaque contraction comme un nouveau pas vers la révolte des corps qui décident de célébrer la vie.
La nuit avance à pas feutrés, il est 3 h du matin, je n’entends que quelques bébés qui, ici et là, lancent une plainte au silence et mêlent leurs petits cris à mes gémissements de plus en plus marqués.
Je m’endors. Non, pas de ce sommeil des hormones qui plongent les corps dans une semi-hypnose. Non je dors pour de vrai. Je rêve, même.
Et quand une contraction, plus violente, plus intense vient me chercher par la main pour m’amener avec elle, je suis extirpée de mon sommeil avec violence, je sursaute, je tremble.
Je m’étais égarée en chemin. J’ai été rattrapée sans ménagements.
Autour de moi, rien. Autour de moi, personne. Il dort, lui, puisque jusque là, je ne souhaitais qu’être seule.
Je suis fatiguée, je pense que je ne vais pas y arriver, chéri. Je sais l’énergie que la suite va me demander, je commence à être mal mal mal. seule seule seule.
Je suis si triste. De n’être pas forte. De me sentir si seule tout à coup. D’avoir merdé cette grossesse. Avec tout ce stress et ce bébé qui a failli ne pas vivre. D’être si faible moi, avec ce bébé si fort en moi. Ce bébé qui voulait vivre.
La sage-femme a peut-être entendu la détresse des corps et vient à ma rencontre. Vous ne souhaitiez pas de péridurale, me semble t-il ? C’est ça, mais ça commence à être dur. Je suis fatiguée, je m’endors, je n’arrive plus à me connecter à mon bébé et à mes sensations.. d’ailleurs, une autre contraction arrive…
Perdue.
Elle me montre la voie. Me rassure et dit qu’au stade où j’en suis et au vu de ma manière de gérer les contractions, la voie se profile vers une naissance physiologique. Elle fait de la magie avec ses doigts sur mon sacrum et sa voix sur mes contractions. Elle me prépare un bain aux huiles essentielles de lavande. Elle m’entoure de sa présence maternelle. De sa justesse aussi.
Le bain est prêt pour accueillir mon corps en repos quelques longues minutes. J’avais oublié que l’instant qui précède le chaos est fait d’une accalmie soudaine, que le temps s’arrête pour laisser le sucre et les hormones folles parvenir à nos corps puissants.
J’avais oublié… Je me laisse bercer par l’attention de ces deux femmes si sages et de mon ami qui font couler tour à tour de l’eau tiède sur mon dos.
La révolte des corps a commencé. C’est un peu rapide tout de même, mais voilà c’est le corps qui décide de faire la révolution dans la nuit. Mon corps, il se projette hors du bain, en proie à deux contractions longues longues, puissantes, envahissantes.
De je ne sais où mais quelque part de moi, surgit un son grave que je maintiens en même temps que ces contractions, longtemps longtemps parce que la sage-femme me soutient et me dicte de faire durer ce « ôoo » qui m’effraie par son étrangeté, mais qui me fait tant de bien en même temps. C’est pas que j’ai mal, c’est surtout que ça me remplit toute entière, ça m’écrase, ça me broie, ça m’envahit de partout dans mon corps.
C’est la transe des corps qui dansent.
Me voilà à quatre pattes sur le ballon, une main de sage-femme sur le dos.
Elle est bientôt là, votre fille.
Je pleure. Je pleure presque silencieusement. Elle est bientôt là. Elle est déjà là. Je l’ai tellement senti dans mon corps toute cette grossesse et en même temps, j’ai eu tant de mal à la sentir exister pour de vrai. Avec toute cette vie qui s’est bousculée autour de moi. Avec toute cette vie qui fait d’la merde parfois.
Elle est bientôt là cette petite fille que je promets d’aimer de toutes mes forces. Elle revendique sa naissance, cette petite fille et pousse, pousse à l’entrée de mon bassin. M’envahit. Me fait suffoquer.
J’ai la tête sous l’eau mais les vagues sont toujours rendues à la mer alors j’accueille, j’accueille. Je dis oui. Je dis « oôoo ». Je perds les eaux.
Elle arrive…
Pensez-vous qu’on a le temps d’aller en salle de naissance ? elle dit la sage-femme
Non. Elle arrive. Elle est là.
Oui je la sens, cette petite fille qui avait soif de la vie et des jours qui se lèvent. Le jour se lève timidement et elle, elle veut vivre. Je sens son passage dans mon vagin, je n’ai pas mal, je suis forte, je suis animale. (La gravité et la sagesse des femmes opèrent, lorsqu’on est pas allongée sur le dos, les jambes écartées devant le savoir en blouse blanche).
C’est mon accouchement. C’est notre naissance.
Elle est là… On voit sa tête…
Dedans, dans mon dedans, je me révolte un instant contre ce corps qui semble me déchirer pour naître. L’espace d’un instant, je retiens ce petit corps
Vous êtes en sécurité ici
J’accueille et je ne retiens plus.
(La sage-femme, elle est revenue quelques jours après longtemps longtemps dans ma chambre et elle m’a dit que ce que j’avais vécu là était un réflexe animal commun à toutes les espèces. Lorsqu’une femelle s’apprête à mettre bas, elle sécrète de l’adrénaline qui entraîne une sorte de panique, amenant l’animal à se réfugier dans un lieu protégé des prédateurs). Quand je vous ai dit vous êtes en sécurité ici, vous avez relâché la pression et vous avez accueilli votre fille.
J’accueille et je ne retiens plus
Attrapez-là, elle est là.
Oui elle est là, je vais la chercher entre mes jambes, cette petite fille si petite petite, cette petite fille que mon corps avait peut-être refusé de faire grandir dans mon ventre. On dirait un bébé prématuré. Elle est là, dans mes bras, glissante, les yeux grands ouverts, petite petite, légère légère, je n’y crois pas que c’est vrai tout ça.
Contre moi je la rassemble
Minuscule, elle me regarde avec ses grands yeux noirs. Longtemps elle me regarde.
Bienvenue à la vie, petite Maé.
Célia C.

Vous pouvez retrouver ce billet directement 
sur son site ici

Un grand merci à Célia pour le partage de son témoignage, à la fois si touchant, si puissant, si authentique, si poignant et remplit de tendresse et d'amour... 


Amicalement,
Lauriane 

mardi 17 juin 2014

La tactique de l'élastique, ou mes premiers pas en "loom bands"

Vous avez des enfants, vous  connaissez sans doute  le phénomène Loom Bands ? Oui vous savez cette nouvelle mode de fabriquer des bracelets en assemblant des petits élastiques de couleurs ! Ah je vois que ça vous parle davantage là avec les précisions lol ! 
J'en ai entendu parler il  y a peu de temps, et ne comprenais pas trop bien à quoi ça consisté... Puis j'ai une amie à moi, maman de deux garçons, qui un matin a posté des photos de ses créations sur facebook, et j'ai pu voir vraiment ce que c'était. J'ai trouvé l'idée sympa et ludique, à partager avec ses enfants. 

Ma mère a décidé d'offrir un kit à ma fille. Nous l'avons reçu hier, et voilà ce qu'il contient:

  • un appareil à tisser (tablette)
  • des élastiques
  • des fermoirs
  • des crochets
  • et des breloques fantaisie




  1. Pour les premiers essais, je me suis servie de ce tutoriel : 

Il est assez simple et donne cela comme résultat : 




 2. Ensuite j'ai testé le bracelet "rainbow" aux couleurs de l'arc en ciel  avec ce tuto - ci :


C'est déjà beaucoup plus technique, et assez minutieux ! Le résultat est celui ci - dessous qui a le crochet et que vous pouvez voir fini sur la dernière photo.



3. Ensuite j'ai testé le bracelet "fleurs", avec ce tuto - ci :


Alors là je me suis attaquée à plus difficile, plus long mais j'aime beaucoup le résultat. On peut le voir ci - dessous terminé en haut à gauche. 



  •   Mon avis sur le Loom Bands ? 
J'avais une petite appréhension au départ pensant que ça serait pas super intéressant, mais en grande fana de loisirs créatifs que je suis, je me suis prise au jeu et j'adore ! Des tas de modèles différents sont disponibles sur youtube, et ils sont pour la plupart expliqués par des enfants qui arrivent à faire de ces choses, juste hallucinantes parfois ! 

Je trouve que c'est une belle activité à faire en famille, même si pour ma puce de  4 ans cela reste compliqué et encore peu adapté ... Pour la faire participer je lui fais choisir les couleurs, trier les élastiques, et choisir le modèle qu'elle aimerait. Elle est très contente. On a passé deux bonnes heures hier soir à en fabriquer ma mère, ma fille et moi et c'était vraiment agréable. Petit bémol, toutes ces couleurs et cette minutie donne assez vite mal aux yeux et au crâne... 

Pour plus d'infos je vous conseille d'aller directement sur le site officiel français http://www.rainbowloomcreative.fr/ ou sur amazone  (où s'est fait l'achat du kit "loom bands colorful") 

Et parce que tous ces élastiques me donnent le tournis et me font penser à une chanson , je vous mets le lien pour un retour en enfance garanti :) 






Lauriane 








samedi 14 juin 2014

Une maman toute entière


Aujourd'hui j'ai envie de vous faire découvrir ou redécouvrir un livre qui me touche particulièrement: " Une maman toute entière" d'Olivier Ka.

J'ai vraiment voulu le rajouter à la bibliothèque de ma fille en lui offrant, et prendre le temps de le découvrir ensemble et de répondre à toutes les questions qu'elle pourrait se poser du haut de ses 4 ans... Je suis une maman avec des rondeurs et je trouvais intéressant de lui proposer cette lecture, et d'avoir son ressenti sur le sujet. 
J'aime cette idée de dénicher des livres ludiques qui parlent vraiment du quotidien dans lequel grandissent nos enfants: la naissance, l'adoption, la religion, le racisme, la place du père /de la mère, les normes sociales, les angoisses, les rituels, les émotions , etcc...... Je suis vraiment émue face aux questionnements et à l'intéressement que peut avoir ma fille à la lecture de certains livres. Je la sens parfois captivée, intriguée, passionnée, émue, triste, heureuse , et j'aime voir ces émotions sur sa petite frimousse. 
Toutes les deux ,nous avons établi un petit rituel quotidien, où avant de se coucher on monte dans la chambre en fermant la porte, mettant la veilleuse, elle choisit un livre, me le donne, et s'assoit dans son lit pour que je lui lise. Qu'il est doux et fort ce moment... Je prends toujours le temps de répondre à ses questions, de revenir en arrière si elle n'a pas très bien compris un passage... Puis vient le moment de s'allonger et de fermer les yeux... Je lui passe alors de la poussière de lumière, de lune, de soleil, d'étoile et de fée sur le visage en lui souhaitant de faire de beaux rêves au pays des fées, et là elle s'envole.... 

Cet album plein d'amour propose le regard d'un enfant sur sa maman qui est très grosse. Pour lui, c'est une fierté, elle est moelleuse, ses mains sont des oreillers, ses bras des traversins... Et quand tous les enfants la montrent du doigt dans la rue, il est fier car elle pourrait prendre vingt enfants dans ses bras, mais ce n'est que lui qui en profite ! Les illustrations colorées et délicates de Luc Melanson reprennent avec justesse les propos de l'auteur.  

Voici quelques extraits... 










Un album magique, qui met du baume au coeur à toutes les mamans et leurs enfants, qui raconte combien il est ridicule de penser que le physique doit passer par des normes.

Une histoire à mettre entre toutes les mains... pour ne pas avoir peur des différences.


  • Où l'acheter? 


  • Liens : 


Lauriane 


jeudi 5 juin 2014

A ma mère-veilleuse


source


Aujourd’hui, on a décidé de parler de la « fête des mères ». Comme ça, en POST-TERME !

Non mais c’est quoi ce machin qu’on a inventé qu’une seule journée par an ? C’est juste un truc de ouf ! ah bon on est maman juste une fois par an ? Et tous les autres jours où on déploie des montagnes d’énergie et d’amour pour ses mômes ? Wow trop bien , merci donc pour cette journée cadeaux où on peut faire tout ce qu’on veut alors ? Où nos chérubins nous font pleins de jolis (ou pas jolis !) cadeaux confectionnés par leurs petites mimimes.

M’enfin, ça serait quand même chouette de nous célébrer plus qu’une fois par an, Vous en pensez quoi vous ? Bon en y réfléchissant bien, c’est quand même pas si con que ça de le faire une seule fois par an. 

On s’explique : dans nos sociétés, soit on se recentre et se ressource avec ses enfants sans avoir besoin d’une seule journée spéciale pour le faire parce qu’on a le choix de choisir aussi SA journée selon ses besoins, ses moments, ses dispos. Soit cette journée est là pour nous rappeler l’essentiel, nous valorisez en tant que mère, mais aussi pour rappeler à nos proches que « coucou on est des mamans qui déchiiiiiiirent »(au moins 1 fois par an !).
A force de vivre à 100 à l’heure, parce qu’on est constamment sous pression, jugées, montrées du doigt,  on en perd l’essentiel. Alors bon ok oui c’est quand même super top d’avoir cette journée « pour nous ».

Pour moi, Vanessa :

Ma fille a sorti cela au milieu du repas de fête des mères à mon mari et ses grands-parents, que « c’est la fête de maman alors on la laisse tranquille, elle a le droit de faire tout ce qu’elle veut et on se chamaille pas avec elle sinon ça va mal aller » ! Euh, elle a que 5 ans ma petite koala mais que ça fais du bien d’entendre ça ! Bon j’avoue que même ce jour là elle a quand même voulu me suivre au chiotte pour me faire la conversation! Le pipi tranquille ce jour là c’était pas encore gagné MAIS ce jour là moi je l’ai apprécié de manière exclusive, dans la douceur, avec humour et préciosité. C’était là aussi MON moment de maman.

Mais la fête des mamans, ça ne veut pas dire « fête » pour toutes les mamans. Il  faut en parler aussi de toute cette culpabilisation autour de cette fête. Et si on l’aime pas cette fête, on a le droit non ? Pour des futures mères, des mères en devenir, s’entendre se répéter cela 20 fois le même jour c’est carrément culpabilisant et dévastateur. C’est un sujet qui est évoqué notamment sur le site de maman blues.

On a vécu cela aussi en tant que maman. J’ai vécu mes 2 premières fêtes des mères comme une contrainte, un jugement des autres parce que je n’éprouvais pas cette joie nécessaire et abusive, voir surjouée face à la société parce que j’étais dans mon devenir de mère et que je n’arrivais pas à comprendre ce qu’il se passait en moi, que tout cela m’échappait littéralement. Personne à ce moment là n’a su respecter cela. Sauf chez maman blues, merci aux mamans blues. Aujourd’hui, c’est ma 5ème fête des mamans et  là oui je crois que j’ai apprécié chaque seconde de tous ces instants. Dans l’odeur, le temps, les contacts physiques, le partage des mots, le partage du bain, le partage des cadeaux de grand-mère (ma maman à moi) à fille et petite fille.
Ce serait hautain et condescendant que d’affirmer que par rapport aux autres mamans, j’ai encore plus apprécié ma fête de maman. Non je l’ai encore plus savourée à cause de mon histoire de « naissance » de mère, mais aussi au fait que je ne vois ma fille qu’une semaine sur deux.
Alors ce jour là, par toutes ses attentions envers moi, ses petites mains protectrices, ses câlinous, ses bisous volés (ouais c’est une ado précoce !) je me suis sentie de nouveau et encore plus que les autres jours une super mamounette !

Pour moi, Lauriane :

Ma puce, réveillée à l'aube, comme à son habitude, vient dans mon lit pour me faire un gros câlin. Nous avons ce petit rituel de prendre quelques minutes ensemble au réveil, et de passer ce temps à se faire des papouilles, à se regarder dans les yeux, à se caresser le visage, puis vient un petit moment plus fun dans lequel on s'étire avec des petits bruits tout rigolos qui la font s'éclater de rire ... Oh comme j'aime son rire... Très communicatif, il me prend aux tripes et me rempli d'émotions à chaque fois. 
Elle sort de son lit ensuite pour aller chercher mon cadeau... Je la vois arriver toute fière avec un joli poème et une pochette surprise. Et je l'entends me murmurer : 

 "MAMAN

Un bonbon que c'est bon.
Deux bonbons que c'est bon.
Trois bonbon que c'est bon.
Mais ta main sur mon coeur,
C'est encore meilleur !"

 Puis elle me glisse mon deuxième cadeau. Je l'ouvre, et là je découvre un cadre avec un joli coquelicot dessiné à la peinture. Je la remercie fortement, je vois beaucoup de joie dans son regard. On s'enlace fort et là, quel délice d'entendre un "BONNE FETE MAMAN CHERIE" suivi d'un " JE T'AIME FORT FORT FORT, A LA FOLIE, PASSIONNEMENT, POUR TOUJOURS, POUR LA VIE ENTIERE, JE T'AIME" 
La fête des mères, depuis que je suis "mère", je n'ai pas toujours aimé ce jour... Je me suis toujours posé ces questions, à savoir : Naît - on vraiment mère? Mettre au monde un enfant fait - il de nous directement une mère? Quand devient - on mère, à quel moment? Est ce que l'instinct maternel, ce fameux instinct maternel existe t-il réellement? ... J'en parle aussi dans ma description sur le blog (ici) quand je dis :
Suite à une difficulté maternelle rencontrée après la naissance de ma fille, j'ai décidé de créer un blog. Je cherchais un acronyme pour le mot MAMAN, toujours à la recherche de la parfaite définition de ce terme qui nous colle désormais à la peau, à nous, jeunes accouchées et qu'il n'est parfois pas simple de définir et d'accepter... Puis c'est naturellement que" Mettre Au Monde Au Naturel " m'est venu. 
Le chemin fut long, semé d’embûches... Un lien mère/fille très long à se tisser... Mais aujourd'hui notre relation est belle et fusionnelle. Avec le temps j'ai su et j'ai pu me déculpabiliser de tout ce que je pensais avoir fait "subir" à ma fille car je sais maintenant que j'ai fait du mieux que j'ai pu et que j'ai toujours voulu le bonheur de ma fille, peut être en la surprotégeant un peu trop, mais je suis si fière d'avoir grandi à ses côtés et de m'être redécouverte... 

Mais au fait, revenons en à nos moutons ; L’origine de la fête des mères, vous la connaissez vous ? Parce qu’on célèbre un truc mais faudrait bien savoir d’où ça vient aussi !

La fête des mères au temps des Gaulois
La fête des mères remonte au temps d’Astérix, c’est une tradition très ancienne ! Les premiers à avoir instauré une journée consacrée aux mamans sont les Grecs et les Romains, qui organisaient chaque année au printemps une cérémonie en l’honneur de Rhéa et Cybèle, les divinités mères des Dieux.

La fête des mères que l’on connaît
La version moderne de la fête des mères nous vient directement des Etats-Unis. Le second dimanche du mois de mai 1907, au moment du décès de sa maman, une américaine a demandé aux autorités d’instaurer une journée en l’honneur de toutes les mamans du monde le deuxième dimanche de mai. Vœu exaucé ! Les petits américains honorent leur maman le deuxième dimanche de mai depuis plus de 100 ans.

La fête des mamans françaises
Mais en France célébrer les mamans et plus généralement la famille, est une idée de Napoléon. C’est le premier qui a évoqué l’idée d’une fête des mères officielle au printemps en 1806. Au départ, le but était d’honorer les mères de familles nombreuses.


En résumé, la fête des mamans, c’est pas que du chouette pour toutes les mamans et ça se respecte profondément. Pensons aux mamans qui n’ont plus leur mamans. Aux mamans qui souffrent de ne pas se sentir « maman ». Ces mamans là soutenons les aussi, nous ces mamans qui sommes mamans dans notre corps et notre cœur. Soutenons nous toutes aussi ce jour là entre nous. Et pas que au travers de nos enfants, de nos familles.


                                           Une photo de nous avec nos puces adorées ... 



« Quelle étrange et indicible sensation que d’entendre sa fille être appelée “maman”.»
« La filiation, c’est une notion de sentiments plus que de gènes. »
« Le véritable amour d’une mère, c’est d’aider l’enfant à couper le cordon ombilical. »
Jean Gastaldi - Le Petit Livre de maman 

« L’amour d’une maman, c’est la conviction que ses poussins sont des cygnes ; ce qui est la meilleure façon de donner du moral à des enfants qui sont convaincus d’être de vilains petits canards. »
Pam Brown 


Vanessa & Lauriane